Réponse d’un étudiant en journalisme au ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement

Monsieur le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, Rémi Fulgance Dandjinou, recevez mes salutations.


Etudiant en journalisme, ce n’était pas intéressant de vous écrire. Parce que d’abord, vous êtes une autorité. Ensuite, le droit d’ainesse étant un partage africain. Enfin, étant loin et ne rêvant pas la politique politicienne. Cependant, situation et contexte oblige.


Monsieur le ministre ;
Notre pays le Burkina Faso, à l’instar des autres pays, est attaqué par le Coronavirus (COVID-19). Un mal que nous subissons tous. Une urgence sanitaire. En ce jour, selon la coordination nationale de la réponse à l’épidémie du COVID-19, le pays enregistre, à la date du lundi 23 mars 2020, 114 personnes infectées, sept patients guéris et quatre décès. En ces circonstances tristes, nos condoléances aux familles des disparus, prompt rétablissement aux malades. Ainsi, nous sollicitons les Burkinabè au respect des consignes édictées par les autorités afin de limiter la propagation de la maladie virale.


Monsieur le ministre ;
Vu l’urgence de la maladie, le Président du Faso, garant de la sécurité des populations, lors de son message à la nation le vendredi 20 mars 2020, a décrété un couvre-feu pour faciliter la lutte contre le virus. Chose que les Burkinabè ont apprécié différemment.


Monsieur le ministre ;
Nos Forces de défense et de sécurité (FDS) ont été déployées sur le terrain pour coordonner et veiller au respect du décret présidentiel. Chose à saluer. Toute notre reconnaissance à ces hommes qui se battent pour la protection des populations jusqu’au péril de leur vie.


Monsieur le ministre ;
Cependant, certains « Boys » dans l’exercice de cette mission noble ont utilisé des méthodes de répressions telles que les bastonnades, le « manœuvrage », les tortures, et le filmage pour internet contre les contrevenants de la mesure. Chose que vous saluez lors de votre sortie pour le point de presse de la coordination nationale de la réponse à l’épidémie du COVID-19. « Celui qui ne respecte pas le couvre-feu, c’est à ses risques et périls. Je suis entièrement solidaire avec les forces de défense et de sécurité. C’est une question de santé », aviez-vous laissé entendre (cf. : le post de WAT FM).


Monsieur le ministre ;
Rien qu’à la date du Dimanche 23 mars 2020, le Procureur du Faso, Harouna Yoda, chargé d’assurer le respect de la loi pénale et la réquisition des sanctions aux auteurs d’infraction se prononçait sur les actions des FDS. Dans le communiqué, il fait savoir que les actes posés constituent d’allégations d’actes de tortures. Il a, par ailleurs, rappelé que l’article 512 et suivant du Code pénal considère les actes de torture et les pratiques assimilées, notamment les traitements cruels, inhumains et dégradants infligés à des personnes comme des infractions prévues et réprimées.


Monsieur le ministre ;
Lorsque quelqu’un viole une entité de la loi et la personne chargée du respect de ladite loi se prononce, et vous membre du gouvernement le contredisez, que voulez-vous donner comme un exemple à nous la génération future ?


Monsieur le ministre ;
Loin de vous rappeler que ce que vous connaissez déjà. Mais, nous soulignons que nous sommes dans un Etat qui se réclame le statut d’Etat de droit. Le Burkina étant un Etat démocratique, on ne saura tolérer ce que la constitution a proscrite. L’article 2 alinéa II de la constitution du 2 juin 1991, (promulguée par kiti an VIII 330 du 11 juin 1991) et révisée par la loi n 033-2012/AN du 11 juin 2012 (promulguée par Décret n 2012-616/ PRES du 20 juillet 2012), est bien clair sur l’interdiction des traitements inhumains.
De même, les articles 66 et 67 du code de la santé publique définissent ce qui doit être fait en cas d’épidémie et les sanctions prévues pour les contrevenants.


Monsieur le ministre ;
Faut-il le rappeler que chaque citoyen, qu’il soit en situation d’infraction, est toujours protéger par la loi ? Toutefois, nous voulons nous prononcer sur les images des personnes que les FDS ont mises sur les réseaux sociaux. Quelles seront les conséquences dans dix ans ? Lors des enquêtes de moralité pour des éventuels admis aux concours de la fonction publique, ces vidéos ne les seront-ils pas nuisibles ?
En journalisme, on nous rappelle l’obligation du respect du droit à l’image des individus. Avoir leurs autorisations. D’où la règle de rendre floue l’image avant publication.


Monsieur le ministre ;
Pour finir, nous voudrions rappeler que c’est parce qu’il y a une population, qu’il y a des FDS. Et tout élément des FDS doit être professionnel dans l’exercice de son métier. Savoir ce que dit la loi par rapport à un couvre-feu. Savoir qu’il est appelé à protéger et non à brutaliser le peuple. Il est de souligner qu’un peuple qui subit des tracassions policières, sa révolte est dangereuse. Interrogez l’histoire sur l’affrontement en 2004 entre civils et FDS à Pô dans la province du Nahouri, région du Centre-Sud.


Monsieur le ministre,
Nous vous retraduisons nos salutations tout en invitant à suivre les vidéos postées et vous verrez des propos mal placés de certains FDS. L’on croirait à un règlement de compte.

Yacouba Sory
kenzopougbila@gmail.com

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