Mon amour éperdu

Episode 2

-Je voudrais te voir.
-OK, pas de problème. Mais je rentre avec mes sœurs. On pourra se voir demain si tu veux.
-Je t’attendrai donc demain.
Quelle surprise ! Apparemment les belles filles sont plus faciles à aborder. J’étais extasié, surpris par cette réponse inopinée. A force de joie, la langue peut trahir. Alors je partis, tout content. Au moins, elle m’a considéré. Le respect ! J’aime le respect.
Je partis. Il le fallait. Je me dirigeai vers mes cahiers. Je ne pouvais pas me concentrer sur leurs feuilles qui commençaient déjà à m’énerver à la simple vue. Je rejoignis Radissi.
-Tu l’as vu ? Tu as pu lui parler ? Des questions qui me courrouçaient et m’offusquaient. Je finis par lui répondre.
-Oui, elle m’a donné rendez-vous pour demain.
Radissi ne croyait pas à ma peine. Il me prenait pour un fumiste. Pourtant, je souffrais intérieurement. Je rentrai à la maison. Toute ma réflexion n’était que centrée sur Simone. Quel âge devait-elle avoir à ce moment ? Ce qui est sûr elle était en cinquième et moi en première B dans ce lycée, le lycée communal de Zoetyandé, un lycée de renom dans la province du Sandbondtenga. Je me couchai et trouvai tardivement et péniblement le sommeil. Le lendemain de bonne heure, je me préparai pour le lycée, devenu un lieu désagréable pour moi. Je ne partais à ce moment que pour contempler le beau visage de Simone. Oui, de la sirène Simone ! Cette fille dont tous rêvent. Malchanceux, je l’étais avec mon statut d’affamé, fils du village de Toenghin. Je n’entendais plus le professeur de philosophie, M. Soro donner les pensées et les citations des grands philosophes. Ma matière de prédilection m’échappait graduellement. A midi, j’attendais Simone, pas pour lui parler mais juste pour la voir en catimini. L’amour est intéressant quand on se cache pour aimer. Mais je devais quitter cette étape. J’étais un adolescent et de surcroît mon intelligence n’était qu’un secret de polichinelle. Difficile à battre dans toutes les disciplines, je m’imposais aussi. Je la voyais avec toujours ses mêmes amies, toutes des filles de salariés d’Etat. Mon cœur battait plus fort à sa simple vue.
Le soir, je pris la route habituelle avec Radissi pour le lycée. Lui partait apprendre ses leçons et moi pour avouer mes sentiments à la belle Simone. Je restai hors de la salle et la fit appeler par un jeune frère. Elle vint.
-Je veux te parler sérieusement.
-OK, j’ai compris. Je te propose d’écrire ce que tu veux me dire et me le remettre.
-Je peux avoir ton numéro ?
-Je n’ai pas de portable. Ecris et nous nous verrons demain.
Je la remercia et allai dans le noir. J’appelai Radissi et lui fis le compte rendu.
Je cherchai illico une feuille vierge et un bic. Que vais-je écrire ? Voici ce que j’ai pu écrire :
« Bonjour. Je te prie de m’excuser pour tout ce dérangement. Je loue le respect que tu as pour ma personne. Je voudrais que tu saches que tu m’intéresses. Mon désir le plus ardent est d’être avec toi pour toujours. Je me suis toujours caché pour t’admirer mais j’ai décidé de t’avouer mes sentiments qui, actuellement me traumatisent. Je veux que tu saches tout simplement que je t’aime et pour de vrai. Merci beaucoup. »
Radissi lut la lettre et acceptait de m’accompagner pour la lui remettre.

Rogombaré Daouda KIEMA

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