Soutenance à l’Académie de police : Baba Koro s’intéresse au traitement de l’information liée aux attaques terroristes

La série de soutenances publiques à l’Académie de police pour l’obtention du diplôme de commissaire de police a débuté le lundi 11 juin 2018, dans la commune de Pabré (province du Kadiogo). Ce jeudi 14 juin 2018, c’était au tour de l’élève-commissaire de police Baba Koro de présenter le fruit de ses recherches devant un jury de trois membres, présidé par Dr Cyriaque Paré, fondateur du quotidien en ligne Lefaso.net.
« Traitement médiatique des informations liées aux attaques terroristes au Burkina Faso, de janvier 2015 à nos jours » . C’est sur ce thème que l’élève-commissaire de police Baba Koro, après deux années de formation (2016-2018), a soutenu son mémoire pour l’obtention du diplôme de commissaire de police, devant le jury de trois membres composés de son directeur de mémoire, Jean Paul Toé, directeur général de l’observation des médias et des études au Conseil supérieur de la communication (CSC) ; de la directrice de la communication et des relations publiques de la Police nationale, commissaire Minata Traoré ; et du président du jury, Dr Cyriaque Paré, fondateur du quotidien en ligne Lefaso.net.
Dans son exposé, fruit de ses recherches qu’il a mené principalement à Djibo et à Koudougou, l’impétrant a dévoilé l’appréciation globale du public cible sur la qualité du traitement des informations liées aux attaques terroristes. Du côté des journalistes, il ressort que 22% trouvent que la qualité est bonne, tandis que 21% sont d’avis contraire et 57% trouvent cela acceptable. Ce qui signifie, selon Baba Koro, que les acteurs eux-mêmes reconnaissent une certaine insuffisance dans le traitement de l’information. Du côté de la population, 46% des enquêtés trouvent mauvaise la qualité du traitement de l’information en cas d’attaque. Le taux est plus élevé du côté des unités d’intervention, avec 64% des enquêtés qui sont du même avis.
Pour l’impétrant, cette manière de traiter l’information par les professionnels des médias porte la plupart du temps atteinte au droit à l’image, à l’honneur et à la dignité humaine, à la sécurité des otages et des unités d’intervention, aux secrets défense et militaire. Ces manquements sont légion tout simplement parce que, à en croire les enquêtés, 61% des journalistes qui couvrent les attaques terroristes méconnaissent le phénomène et donnent souvent des informations qui sont parfois loin de la réalité. Si fait qu’on a l’impression que des médias font l’apologie du terrorisme. Sans oublier la lenteur administrative qui fait que les journalistes pensent à de la rétention d’information de la part de la Sécurité, donc se rabattent vers d’autres sources afin d’avoir la primeur de l’information.

L’impact de cette situation est sans conteste le préjudice porté aux unités d’intervention et le doute semé dans l’esprit de la population quant à la capacité des FDS (Forces de défense et de sécurité) à réagir face aux attaques (60,72%). À ce côté de ce tableau peint en noir, l’impétrant fait un clin d’œil aux organes de presse qui s’illustrent positivement dans le traitement de l’information (Lefaso.net, Burkina24). Pour remédier à cette situation, l’élève-commissaire suggère en partie de former les journalistes sur les questions sécuritaires (spécialisation dans le terrorisme), la mise en place des délégations régionales du CSC, la dynamisation de l’Observatoire burkinabè des médias, la sensibilisation de la population à la consommation de l’information.
Une présentation que le jury a appréciée non sans poser des questions et formuler des recommandations pour l’amélioration du document final. Après une suspension pour délibérer, le jury a décidé d’accorder la note de 16/20 à Baba Koro, soit la mention « Très bien ». Une note reçue avec joie par le désormais commissaire de police. Pour lui, le choix du thème a été motivé par le fait que le Burkina est en proie à des attaques terroristes depuis 2015. « Connaissant aussi la stratégie des terroristes, à savoir la recherche de la publicité, il y a lieu de s’inquiété et de revoir comment donner l’information portant sur les attaques terroristes à la population sans faire l’affaire des terroriste », a-t-il laissé entendre.
 Source Faso.net

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